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« Stéphanie Moraly est d’un engagement remarquable.
Le son respire, touche à des cimes inouïes. »

« Minimalisme et puissance, flamme et vibration. »

5 DIAPASONS
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Koechlin CD !
Violin Sonata & Piano Quintet with Syntonia _@ (...) Read more

Une interview - pas trop sérieuse - de Stéphanie

Stéphanie répond aux questions de Chrystel Chapuis, qui a gentiment accepté de jouer les journalistes pour l’occasion.

- Stéphanie, comment as-tu commencé la musique ?
Personne n’est musicien dans ma famille, alors ça a été un hasard total, et une histoire assez drôle, quand j’y repense…
Ma mère avait fait la connaissance de la directrice d’un centre de loisirs de notre ville. Un jour, ce centre a voulu emmener les enfants au tout nouveau Conservatoire voisin et ainsi créer un début de partenariat. J’étais trop petite pour participer (je n’avais que 4 ans 1/2), mais il manquait une maman pour accompagner les enfants en toute sécurité. On a donc demandé à mère si elle acceptait d’aider, et elle a accepté, à condition que je puisse participer – car elle n’allait pas me laisser seule à la maison pendant ce temps. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée en initiation musique et danse, complètement par hasard. Le centre de loisirs aurait emmené les enfants à la patinoire, à la piscine, ou au cirque : je ne serais sûrement pas musicienne aujourd’hui !

- Et pourquoi le violon ?
Le choix du violon aussi, est une anecdote rigolote…
Après 2 années d’initiation, le moment est venu de choisir un instrument. Mes parents ne connaissant pas vraiment les différentes possibilités, ils m’ont emmené à un concert d’élèves du conservatoire en me donnant ma mission : choisir l’instrument qui me plairait le plus. Ce jour-là, seul jouait l’orchestre à cordes… je ne risquais donc pas de choisir le hautbois !
Par ailleurs, les élèves de l’orchestre jouaient tous debout, sauf, bien sûr, les violoncellistes. A la fin du concert, mes parents me demandent donc ce que j’ai choisi. Il paraît que j’ai réfléchi très sérieusement avant de leur répondre : « le violoncelle. Je n’ai vraiment pas envie d’être debout tout le temps… c’est fatigant ! »
J’étais donc partie pour le violoncelle, pour des raisons très… logiques. Mais lors de l’inscription, il fallait choisir deux instruments. Ma mère ne sachant pas ce qu’était l’alto, elle a indiqué violon – violoncelle (dans l’ordre alphabétique), et le violon a été interprété comme mon premier choix. Voilà !
Après, je dois dire que le violon m’a terriblement plu tout de suite. J’ai débuté à 6 ans 1/2 et, 3 mois après, j’annonçais à mes parents que je voulais être violoniste plus tard. Je n’ai jamais changé d’avis depuis…

- As-tu des compositeurs préférés ?
Non, j’aime (presque) tous les compositeurs, ou en tout cas leurs chefs-d’œuvre. Je pense qu’être interprète est comme être comédien : on doit pouvoir entrer dans la peau de tous les personnages et exprimer toutes les émotions, traduire toutes les atmosphères, être convaincu que l’œuvre que l’on joue est la vérité absolue… au moment où on la joue.
Je pense souvent à cette réponse de Joseph Silverstein à qui on demandait quel était son concerto préféré : « c’est toujours celui que je joue le soir même ».

- Et des violonistes ‘chouchous’ ?
J’ai des interprétations préférées d’œuvres spécifiques. Et une tendresse particulière pour David Oïstrakh (je sais, ça n’est pas très original…).
Après, je reconnais qu’il y a des violonistes que je n’apprécie pas vraiment, voire qui m’agacent, mais je ne dirai pas lesquels ! En tout cas, je pense qu’en art, toute démarche ‘sincère’ est respectable, et qu’il y a à apprendre de tout grand artiste, même (voire ‘surtout’) lorsqu’on n’est pas d’accord avec lui.

- Peux-tu décrire une journée classique de la vie de Stéphanie Moraly ?
En fait, non ! Je n’ai vraiment pas de journée type, car ma vie est très irrégulière. Déjà, ma vie professionnelle est assez variée, entre les concerts, l’enseignement et la musicologie. Et comme en plus j’aime sortir et voir mes amis… j’ai tendance à trop remplir mes journées et à courir partout du matin au soir.
Je suis quelqu’un de très enthousiaste qui a toujours envie de tout faire. Si on ajoute à ça que je suis perfectionniste et que j’ai envie de tout bien faire… cela explique que mes amis se moquent souvent de mon emploi du temps de ministre !
Bon, par contre, je peux dire ce que contient une journée idéale : du violon, de la lecture, du temps pour prendre le thé… en fait, pour commencer : du temps tout court !

- As-tu un rituel avant d’entrer sur scène ?
Non, pas vraiment… une seule chose : je dois avoir le ventre plein. Si je ne peux pas manger avant un concert, j’ai l’impression d’avoir le centre de gravité en plein thorax, la respiration coincée en haut du cou, et que je vais m’envoler… (rires) Donc les grosses assiettes de pâtes sont mes meilleures amies les soirs de spectacles !

- Et si tu n’avais pas été violoniste, qu’aurais-tu aimé faire ?
J’aurais aimé être artiste quand même… et j’ai toujours aimé écrire. Donc peut-être écrivain ?
Mais j’aurais aussi pu être scientifique. J’adorais les maths et j’ai longtemps rêvé de faire de l’astrophysique nucléaire…

- En dehors de la musique, qu’est-ce qui te rend heureuse ?
Apprendre : tout… et parfois un peu n’importe quoi… !
Voyager : pour perdre tous mes repères et retrouver des yeux d’enfant.
Danser : surtout les danses de couple. La salsa, beaucoup, et j’espère un jour… le tango.

- Et quels sont tes passe-temps favoris ?
Je n’ai malheureusement pas assez de temps pour faire toutes les choses que j’aime faire… mais j’adore la lecture, les expositions, le théâtre, planter des fleurs… les soirées sans fin à refaire le monde entre amis et à rire de tout… et surtout de nous !

- Tu fais du sport ?
Parce que le violon n’est pas un sport ? (rires)
Je fais du footing régulièrement. Sinon, j’adore le yoga et nager.
Malheureusement, avec mon emploi du temps, je n’arrive pas à suivre de cours : je ne suis jamais libre 2 semaines de suite à la même heure.
Quant à nager, je n’aime pas trop les piscines, donc, à Paris, ça complique un peu les choses. Par contre, l’été, je suis capable d’aller nager pendant des heures dans une mer à 15° !

- Y a-t-il des choses que tu rêves de faire ?
Des centaines ! J’essaie tout le temps de faire des choses ‘pour la première fois’ mais la liste à réaliser est infinie…
Parmi les envies qui me taraudent depuis le plus longtemps (interdiction de se moquer !) : voir la montagne l’hiver (et essayer de skier ?!), sauter en parachute, traverser un désert de sable, apprendre à danser le tango, monter en haut de la Tour Eiffel, faire de la voile, et des dizaines de voyages…

- Et un projet futur qui te tient vraiment à cœur ?
Difficile de répondre, car je prends tout à cœur…
Mais j’aimerais beaucoup me rendre plus ‘utile’. Aider à construire une école de musique dans un endroit où ça changerait vraiment la vie des enfants, par exemple…

- Que te vois-tu faire dans 10 ans ?
J’aime ma vie donc, a priori, la même chose (concerts, enseignement, musicologie), mais tout en mieux, j’espère ! Dans 10 ans, j’aimerais avoir progressé en beaucoup de choses : d’une manière générale, être une meilleure personne, peut-être même plus sage… ?
Mais, qui sait, peut-être que j’aurai tout abandonné pour partir aider des gens qui en ont vraiment besoin à l’autre bout du monde…

- Sinon, que fais-tu pour te détendre ?
Je vais au hammam !

- Et pour te concentrer ?
Rien. Je suis concentrée tout le temps, c’est d’ailleurs parfois un vrai problème… Je ne suis pas douée pour déconnecter.

- As-tu des objets fétiches, des porte-bonheur, des grigris ?
Des grigris, non, car je ne suis pas du tout superstitieuse. Par contre, il y a quelques objets dont j’aime m’entourer et qui font que je me sens bien. Par exemple, chez moi, il y a forcément (outre mon violon et des tonnes de partitions) : des livres, des plantes, et des bougies. Même si je m’installe quelque part pour peu de temps, l’endroit où je suis accueille rapidement une petite plante ou au moins un bouquet de fleurs, une pile de livre et une ou deux bougies !

- Et des manies, des bizarreries ?
Avouables ? (rires)
En fait, des manies, pas tellement. Je ne suis pas quelqu’un de routinier et j’ai très peur des habitudes, de ‘m’encroûter’. J’adore le changement, les changements. Du coup, pas trop de manies !
Par contre des bizarreries, sûrement… par exemple, je donne des noms aux choses. Chez moi, plein de choses ont des petits noms : mon orchidée (presque chacune de mes plantes d’ailleurs !), mon ordinateur… Pour vous donner une idée, je vis avec Daphné, Zébulon, Olive, Baghera, Rocco, Pikouyou, Samson… mais je ne vous dirai pas qui est qui ;-) !

- A quelle gourmandise ne peux-tu pas résister ?
Oh, il y en a plein ! Je suis très très gourmande, et je mange beaucoup… Mais je craque plutôt pour des choses salées. D’ailleurs, je remange souvent quelque chose de salé après le dessert !

- Quels seraient les 10 meilleurs livres que tu aies lus ?
Difficile… mais je dirais, en vrac : Les Misérables (Victor Hugo), Crime et Châtiments (Dostoïevski), Le Petit Prince (Saint-Exupéry), Oliver Twist (Dickens), Les Raisins de la Colère (Steinbeck), Le Seigneur des Anneaux (Tolkien), Cent ans de solitude (Garcia Marquez), Le Comte de Monte-Christo (Dumas), L’Amant (Marguerite Duras), Le Procès (Kafka), Belle du Seigneur (Cohen)…
Mince… ça fait 11 !

- Et dans tout ça, as-tu un livre de chevet ?
De la poésie… j’ai toujours de la poésie à la tête de mon lit.

- Quels films t’ont le plus marquée ?
J’adore les vieux films. Alors il y en a beaucoup parmi mes films chéris : Un tramway nommé désir (Kazan), Pandora and the flying Dutchman (Lewin), La Strada (Fellini), 12 hommes en colère (Lumet), L’Arnaqueur (Rossen), My Fair Lady (Cukor), Il était une fois dans l’Ouest (Leone), Citizen Kane (Welles), Les Lumières de la Ville (Chaplin), Raging Bull (Scorsese)…
Sinon, plus récemment,
La leçon de piano (Campion), Pulp Fiction (Tarantino), La liste de Schindler (Spielberg), La vie des autres (Donnersmarck), Va, vis et deviens (Mihaileanu), La Cité de Dieu (Meirelles & Lund), Slumdog Millionnaire (Boyle)…

- Et maintenant, du tac au tac :
Si tu devais citer un peintre ?
Rembrandt
- Un sculpteur ? Giacometti
- Un compositeur ? Beethoven
- Un écrivain ? Hugo
- Un poète ? Aragon
- Un objet ? Un livre
- Un animal ? Un papillon
- Un élément ? Le feu
- Un nombre ? 12
- Une forme géométrique ? La sphère
- Une couleur ? Le violet. Non… le rouge sombre, celui du vin. Non… le violet… euh… le rouge… oh !!! Question suivante ?
- Une ville ? Paris
- Un voyage ? Le Japon
- Une saison ? L’automne
- Un arbre ? Le ginkgo biloba
- Une fleur ? La pivoine
- Un parfum ? La fleur d’oranger
- Un rêve ? La liberté
- Une peur ? Renoncer
- Un mot de la fin ? « On croit que tout est fini, mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter. » (Paul Claudel)

[ Interview réalisée - autour de quelques coupes de champagne... - le 17 décembre 2010. ]

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